Sur le chemin de la réconciliation

En quoi un voyage de fin d’étude participe à la réconciliation d’un élève décrocheur avec l’école ?
Pourquoi faire partir ces jeunes qui ont été parfois irrespectueux ou difficiles à cadrer pendant l’année ?

Rappelons-le, l’objectif de cette première année a été de mener une classe pilote sur le chemin de la réconciliation avec l’école. Un grand pari, une grande aventure, parfois difficile à plusieurs niveaux. Avec les jeunes, parce qu’il a fallu les apprivoiser, leur montrer qu’ils pouvaient avoir confiance, qu’ils pouvaient changer de regard sur l’école et donc changer leurs comportements, mais aussi avec l’institution, qui forte d’habitudes bien ancrées a pu montrer quelques réticences face à ces jeunes différents et cette autre manière de faire… L’année s’achève donc par un voyage qui soude définitivement l’équipe, contraint les jeunes à changer, les ouvrent à autre chose et leur montre au contact d’une autre culture à quel point l’apprentissage peut leur ouvrir de nouveaux horizons. Yves Bourgeault, Educateur spécialisé en gestion des troubles du comportement a accompagné et fait un bilan journalier des jeunes. Le Canada n’a pas été choisi au hasard, nous connaissions les travaux avancés des canadiens en matière de jeunes en difficulté et les infrastructures développées telle que « l’école secondaire des chutes » lieu d’accueil pour des jeunes en situation de décrochage scolaire due à un handicap tel que le « TDAH » ou des « Dys ».

L’année s’achève, le programme a été fait, la pédagogie est validée !
Le décloisonnement des pratiques, à la base de la pédagogie de l’Académie des Arts, fonctionne, c’est un fait. L’association de toutes les pratiques artistiques et classiques, musique, théâtre, arts visuels, jeux de concentration, vie en communauté, travaux physiques en commun, apportent au jeune en difficulté une ouverture insoupçonnée.
Les progrès sont signalés par les parents. Les « bagarres » ont cessé pour laisser place à la fraternité.
Dann dialogue aujourd’hui avec sa Maman, crée des textes et corrige son vocabulaire, souhaite intégrer le projet de Family One…
Talba et Emile les deux hyperactifs du groupe ont une révélation pour la musique et sont désormais capables d’observer les loups sans bouger ou encore d’assister à une classe québécoise dans un univers calme et concentré.
Tous savent maintenant démarrer un travail et le terminer.
Ils ont aussi compris qu’un acte individuel peut affecter l’ensemble d’un groupe, donc peuvent aujourd’hui faire preuve de respect.
Au terme de cette « année 0 », nous affirmons que même si le chemin est encore long, ils sont tous prêts à poursuivre un apprentissage soutenu.

Je vais pouvoir enfin annoncer une bonne nouvelle à ma mère.

Émile – 28 juin 2018