Cohésion de groupe et enfants décrocheurs…

Entretien avec Xavier Laure

Nous connaissons tous dans nos vies professionnelles l’importance que revêt la cohésion de groupe dans l’efficacité du travail. Une équipe existe et se donne à son travail que dans la mesure où elle présente une certaine cohésion.

Ainsi naît-elle et fonctionne-t-elle  sur des principes assez simples :
• des règles du jeu claires dans lequel chaque membre du groupe voit son rôle clairement définit
• une organisation dédiée,des aventures à vivre ensemble,
• un leader, chef d’équipe capable de déployer un management transparent et humain.

Si ces principes sont réunis la cohésion se développe, l’efficacité dans le travail s’en ressent et l’individu au sein du groupe  a aussi la possibilité de murir et de développer ses propres capacités, d’écoute, de respect de l’autre, de créativité, etc.

La cohésion de groupe fait partie des principes fondateurs de la pédagogie de l’Académie des Arts. Elle est primordiale, dans la mesure où elle va permettre à l’enfant de se mettre personnellement en condition d’apprentissage, mais aussi parce que, ne l’oublions pas, l’enfant est un décrocheur. À ce titre, son fonctionnement est différent, il a besoin de prendre sa place au sein de la communauté, de s’inscrire dans le groupe, pour renouer avec la confiance, en lui, mais aussi en l’adulte qui lui enseigne. La cohésion est donc l’enjeu premier qui va conditionner la réussite de la pédagogie, car elle est tripartite. L’enfant, le professeur, le leader du groupe.
L’enfant d’abord doit accepter de faire un grand travail sur lui-même pour écouter, respecter l’autre, tenir sa place et son rôle dans le groupe.
L’enseignant doit accepter la situation de décrocheur de l’enfant, donc en faire plus pour lui, prendre en compte son extrême sensibilité et sa perte de confiance dans l’institution éducative.
Le leader enfin, se pose à la fois en leader et médiateur, orchestre l’ensemble pour faire grandir chaque membre de manière individuelle. Car chaque progrès individuel sert grandement à la communauté.

Petit à petit chaque enfant prend sa place au sein du groupe, la sensibilité, les éclats de voix, l’affection parfois se révèlent. Et plus qu’une équipe, on s’aperçoit que la première promotion de l’Académie des Arts développe au fil des jours des rapports familiaux.

La valeur de l’équipe n’est pas fonction de l’addition des capacités individuelles, mais de leurs combinaisons dans une complémentarité active.

Raymond Chappuis